Du haut de ses 7m 50 et de ses 80 tonnes, cette pierre levée d'un magnifique granite rose, est si majestueuse qu'elle parait être à sa place depuis toujours. Un tiers de sa taille serait sous terre.

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Elle est large de 2 m 60 environ, et a été classée aux Monuments Historiques en 1889, ce qui prouve une certaine volonté de la protéger.

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Le menhir a été complètement nettoyé en Août 2013, faisant ainsi ressortir sa belle couleur rosée, une chose est sûre, l'origine de la matière première ne fait aucun doute... Nous sommes au bord de la magnifique côte de granite rose.

A l'arrière du monument, sur la face Nord, des rigoles et cuvettes formées par l'érosion donnent l'impression que le menhir souffre... Seules preuves du temps passé depuis environ 6 000 ans, certains y voient la mante de deuil d'une femme...

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Un cuvette d'érosion prouve qu'il s'agit de la face qui affleurait lors de l'extraction du bloc.

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De nombreux cupules, que je pense être l'oeuvre de nos ancêtres Néolithique, sont également présents, permettant d'imaginer des gravures contemporaines de cette époque, qui ont aujourd'hui disparu.

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Sur la face Sud, des gravures (27 sculptures) auparavant colorées, et une croix ont été sculptées directement sur le monolithe en 1674 par le Père Maunoir, de plus, était également peinte une fresque du Christ, à même le menhir au 17 ème ou au 18ème siècle.

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Je ne peux pas vous présenter ce monument sans faire une entorse à mes habitudes, je vais donc vous parler brièvement des significations de chacun des symboles gravées dans cette si belle pierre. Car ne font-elles pas maintenant partie intégrante du lieu?

Les 27 sculptures sont en réalité des "Arma Christi", ou encore Instruments de la Passion du Christ, évoquant le supplice du Christ lors de la Crucifixion. On retrouve régulièrement ce genre de représentations dans les monuments construits au XVIIè Siècle.

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Sur la partie la plus haute on voit le soleil et la lune, qui sont des représentations païennes qui ont été réemployées pour évoquer la mort ainsi que la résurrection. La femme, également d'origine païenne, pourrait ici représenter la Vierge Marie.

On remarque également un bâton et une lance qui représentent l'arrestation du Christ.

Ponce Pilate, est rappelé par la main ainsi que le vase.

Une femme priant ainsi qu'un voile (de Véronique) qui essuyait le visage du Christ.

L'échelle qui a permis de descendre le corps de Jésus de la croix.

On remarque aussi les deux fouets.

Le coq sur la colonne de la flagellation rappelle le reniement de Saint-Pierre et l'épée de celui-ci.

On voit également, une lanterne qui représente l'arrestation.

Des tenailles ainsi qu'un marteau sous les deniers de Judas.

Et encore, deux os croisées représentant la descente aux enfers.

La tête de mort d'Adam rappelle le lieu de la crucifixion où il serait enterré (Golgotha).

Les dés des soldats Romains pour jouer les effets personnels de Jésus.

Les trois clous et la tunique magique sans couture, sensée avoir grandi avec le Christ.

Et enfin, les deux Calices qui auraient recueilli son sang.

 

Des caractères païens, cohabitent donc très bien avec d'autres chrétiens.

Ce monument riche de symboles où se mélangent encore les croyances d'il y a  6 000 ans avec celles d'aujourd'hui n'est pas unique, mais restera l'une des plus belles preuves de la pérennité de certaines vénérations.

Ceci me ramène aux cultes et rituels exercées juste avant la christianisation de notre péninsule.

Peut-être que les croyances païennes de cette période, n'étaient pas si différentes de celles de nos Ancêtres Néolithiques? Ne vivait-on pas de la nature, des récoltes, de l'élevage et de très vieilles traditions lors de la christianisation de cette pierre levée ?

 

 

Sources:

  • http://jfbradu.free.fr/celtes/barnenez/menhir-uzec.php3
  • http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00089442